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Projet de reprise ? Préparez-vous ! (1ère partie)

Loin d'inciter au repli, une période d'incertitude économique comme celle que nous traversons peut présenter des opportunités intéressantes pour les artisans du Bâtiment qui envisageraient de se lancer dans la reprise d'une entreprise. Comment malgré tout prendre des risques mesurés, réussir à obtenir un financement ?

Se préparer en vue de reprendre une entreprise du Bâtiment : quel est votre profil de repreneur ?

Nous pouvons identifier trois profils et parcours types parmi les repreneurs. Anciens salariés et entrepreneurs qui possèdent une expertise technique liée à leur activité sont deux profils souvent rencontrés. A ce titre, une étude d'Oséo de 2007 indique que 58% des entreprises cédées sont reprises par des entrepreneurs individuels.

Dans moins de 5% des cas, les reprises sont effectuées par d'anciens salariés ou un dirigeant, déjà à la tête d'une entreprise, qui cherche à reprendre une nouvelle affaire d'une valorisation plus importante. Les trois-quarts ont une expérience du secteur, une formation professionnelle ou supérieure technique. Enfin, les cadres d'entreprise du BTP, dotés d'une formation d'ingénieurs ou de gestionnaire, constituent le troisième groupe.

Outre le parcours, deux situations se présentent : l'artisan qui a toujours voulu se mettre à son compte et celui qui, suite à une perte d'emploi, doit créer son activité. Dans tous les cas, un accompagnement est recommandé pour analyser en profondeur la motivation qui pousse à reprendre une entreprise, identifier les qualités intrinsèques du futur chef d'entreprise : endurance, ténacité, compétence, gestion du risque.

Le diagnostic de l'entreprise à reprendre : comment identifier celle qui convient à sa situation ?

Les chambres consulaires, les organisations professionnelles (comme la FFB) mettent à disposition des bourses d'entreprises qui facilitent la recherche d'une société à reprendre. Pour affiner son choix, le repreneur devra prendre en considération la taille, l'activité, la localisation géographique, l'environnement familial, qui sont autant de points à prendre en compte.

Le diagnostic financier
Après avoir arrêté son choix sur 3 entreprises au maximum, il est recommandé de procéder à l'analyse de leurs indicateurs en termes technique, financier, humain, commercial, de savoir-faire et de notoriété. Un diagnostic financier, qui met à jour les points forts, les faiblesses, les tendances et les risques de l'entreprise convoitée, peut être réalisé par votre expert. Assisté d'un expert technique si cela le nécessite, il sera attentif notamment aux coûts de mise aux normes des machines.

Deux points doivent attirer l'attention du futur repreneur, précise Christine Singlard, Directeur du bureau KPMG Entreprises de Rodez et Responsable de réseau Reprise-Transmission de KPMG dans le sud-ouest. Il s'agit de :
- l'évolution de l'activité : l'entreprise est-elle dans une phase de développement ou de décroissance ?
- la rentabilité de l'entreprise : permettra-t-elle au repreneur de générer un résultat suffisant, sur les 5 années à venir, pour rembourser l'acquisition de l'entreprise ? Cette rentabilité s'évalue à partir de l'évolution du chiffre d'affaires, du niveau des investissements, de la pyramide des âges du personnel et de son équilibre, de la notoriété de l'entreprise.

Réaliser au préalable un audit
En tant que repreneur potentiel, vous pouvez mandater un expert comptable pour réaliser un audit. L'analyse des comptes porte sur les 3 précédentes années, et s'attache plus en détail à la sous-traitance, à la gestion du personnel intérimaire, la productivité, l'organisation, les modes de financement (crédit-bail), les contrats de travail et les rémunérations, le turn-over du personnel, le calcul des coûts de revient.

La cohérence de ces indicateurs sera analysée avec ceux des entreprises de la même activité. En complément, l'étude annuelle de KPMG « Tendances et perspectives du bâtiment » fournit à l'entrepreneur des ratios qui l'aideront à situer sa propre performance. Le suivi des réglementations et des directives européennes en constante évolution lui permettra également d'anticiper les futures orientations à adopter pour l'entreprise qu'il envisage de reprendre.

Evaluer le prix de l'entreprise à racheter

Cette évaluation s'appuie sur l'activité de l'entreprise au cours des trois dernières années et l'établissement d'un business plan prévisionnel sur les trois prochains exercices. Elle s'attache particulièrement à l'analyse des résultats en vue d'évaluer la capacité du repreneur à :
* rembourser les emprunts contractés à l'occasion de l'acquisition de l'entreprise
* poursuivre les investissements
* conserver une marge de manœuvre pour parer aux aléas.

Le diagnostic financier, l'analyse du risque réalisée par le repreneur et les hypothèses sur le résultat prévisionnel sont déterminants lors de la négociation en vue d'obtenir un financement bancaire.

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