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Petite Marie, je parle de toit...

Petite Marie, je parle de toit...Un grand-père couvreur, un père couvreur, des oncles dans le Bâtiment : Marie Dupuis avait de qui tenir ! Elle a pourtant tenté une autre voie avant de revenir à la tradition familiale et de prendre la tête d'une entreprise de couverture qu'elle manage aujourd'hui avec féminité et dynamisme.

Couvreur, c'est pour moi l'un des plus beaux métiers du Bâtiment, déclare Marie Dupuis, 30 ans, gérante de l'entreprise de couverture, maçonnerie, charpente, isolation Rémy Dupuis, installée à Cailly (76). C'est un métier de passion : les conditions sont difficiles, il faut avoir la foi pour se lever tous les matins." La jeune femme se destinait pourtant à une tout autre carrière. Après son bac, elle entre à l'école supérieure de commerce de Rouen, se lance dans le marketing et intègre la grande distribution.
Elle s'amuse beaucoup, mais, de plus en plus, a soif d'autonomie. Elle songe alors à se réorienter. "En 2004, j'ai émis le souhait de reprendre l'entreprise créée en 1983 par mon père, rapporte-t-elle. Ç'a été une surprise pour mes parents."

Des salariés fiers de leur travail


En 2005, Marie devient responsable administrative et commerciale de l'entreprise. Pendant deux ans, elle observe et
prend ses repères. Elle suit les chantiers pour comprendre le fonctionnement de la société, savoir comment les ouvriers s'organisent, connaître le métier de couvreur. Elle apprend sur le tas, car "il n'y a pas deux chantiers semblables", note-t-elle.

Parallèlement, elle décide de développer une nouvelle activité : le patrimoine. "C'est important pour les ouvriers,
explique Marie. Les interventions sur les monuments historiques sont plus variées ; elles mettent en valeur leur technicité. Ce sont des chantiers souvent exceptionnels".

La jeune chef d'entreprise veut surtout que ses salariés, une trentaine, soient fiers de leur métier et qu'ils aient plaisir à travailler. "C'est dans ce sens que je veux manager l'entreprise", s'enthousiasme-t-elle. Et c'est dans cet esprit qu'elle reprend en effet la gérance de la SARL le 1er janvier 2007. Elle se donne alors cinq ans pour assurer, en douceur, la mutation de l'entreprise.

Se sentir moins seule : rejoindre des réseaux

Ses méthodes sont tout empreintes de féminité, "plus dans l'écoute et dans l'échange", assure Marie. Des difficultés ? Elle avoue ne pas avoir eu de soucis. Les ouvriers la connaissaient depuis longtemps. Les clients aussi. Les fournisseurs
sont de plus en plus habitués à rencontrer des femmes dans ce secteur d'activité. Seuls les architectes et les conducteurs de
travaux se montrent plus exigeants. "Avec eux, je dois davantage prouver mes connaissances techniques", s'amuse-t-elle.

Pour éviter de se sentir isolée dans son fauteuil de femme dirigeante, Marie a choisi d'intégrer l'association des Femmes chefs d'entreprise (FCE). Elle adhère également au Club des jeunes dirigeants de la Fédération française du Bâtiment, ce qui lui permet de partager ses préoccupations avec d'autres. "C'est essentiel", admet-elle.

Aujourd'hui, elle est ravie d'être revenue dans le milieu du Bâtiment. Un secteur qu'elle juge concret et qui a le mérite de la franchise dans les rapports humains.

 

Cécile Margain

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